Dimanche 19 juillet 2009



Une semaine d’abonnement à gayromeo.com et j’ai déjà mal au ventre. Malade, tellement je déchante, malade tellement la réalité est sale ! Pourtant, je le savais déjà et mon malaise laisse une nouvelle fois à de la colère. Je suis noir et je le suis encore plus de colère envers le milieu gay. Ce sont les vieux, les jeunes, les passifs, les actifs, les actifs-passifs, les Blancs, les Noirs, la bêtise, la jalousie, la haine, les préjugés, la malhonnêteté et tous les sentiments négatifs qui me viennent à l’esprit et que je parviens difficilement à exprimer. Je suis las. Nombreux me diraient de retourner à mon doux ermitage (oui, qu’il est finalement doux de ne pas avoir à chercher et de n’avoir personne dans sa vie depuis près d’un an) si tout cela m’affecte autant, mais comment ne pas être affecté ? En se disant que c’est loin et impersonnel ? C’est toujours personnel parce que c’est moi : je suis gay, je suis honnête, je suis réservé, je suis cultivé, je suis gentil, je suis naïf, etc. « Je suis », ces mots n’ont plus de sens pour les gays, on ne les entend plus. La gageure est alors de trouver celui qui pourrait les entendre. Je doute qu’il soit sur gayromeo.com. Roméo ? Le mot est extrêmement usurpé ! La pire des injures au héros de Shakespeare, il n’y a pas de Juliette ! Le rideau tombe déjà. Il n’y a pas de Roméo non plus, parce qu’il est mort avant le dernier acte, mort de dégoût, noyé dans son vomi. Alors que reste-t-il ? Des ersatz dont on voudrait bien se contenter — personne n’est parfait — mais qui manquent cruellement de contraste. C’est alors qu’on me dit que j’ai une haute estime de moi et pourquoi pas ? Pourquoi ne me brosserais-je pas le poil quand je sais que j’ai de la valeur ? Par modestie, par fausse modestie ? Que fait-on du pragmatisme sexuel que les gays louent tant ? Je n’exprime aucun mépris, mais simplement et encore une fois de la déception et de la colère. Une colère que je qualifierais de manière superlative.


Je ne veux pas être dans la quémande (et la demande me choque presqu’autant). Je ne veux pas avoir à me justifier, à m’expliquer du péché des autres. Je suis moi. Je ne suis pas désespéré et je ne ressens que de la tristesse face à l’indigence des autres. Je suis de plus en plus certain de ne pas vouloir faire de concessions, de ne pas vouloir me contenter. Personne n’est parfait, disais-je ? Il ne s’agit que de perception. Ce sont les illusions qui nous donnent la force de continuer, je ne laisserai pas mourir les miennes ; et s’il le faut, je créerai ma propre chimère !   

Par RV.A. - Publié dans : Médias
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Mercredi 8 juillet 2009


Je vais à la pêche. Ce n’est pas une pêche comme les autres. Je n’ai pas besoin de canne à pêche, pas besoin d’appâts, juste un grand filet qui m’attend. C’est une sortie en mer, il n’y a que là que je puis trouver ce poisson. Un thon.

De la famille des scombridés, le thon est un poisson marin d’Atlantique et de Méditerranée. On lui connait deux espèces : le thon blanc et le thon rouge. Estimé pour sa chair, le thon blanc atteint 1m et le thon rouge peut atteindre les 2 à 3m de long.

L’espèce connait pourtant une évolution. Une évolution sur pieds qui n’a pas été théorisée par Darwin mais par la métaphore. Qu’importent son origine et sa couleur, cette nouvelle espèce ne se distingue que par le goût de sa chair : la beauté intérieure. Partageant quelques unes des qualités de nageur de ses congénères, le thon s’attache à compenser ses lacunes physiques. Poisson d’une étonnante finesse, la conservation lui enlève de son précieux car le thon est unique. La chair de certains peut être grasse mais elle n’est le signe. Il est souvent plus cultivé que les autres. C’est une lumière. Le thon veut être aimé pour ce qu’il est. Sympathique et conciliant, l’harmonie sociale est l’une de ses grandes obsessions. Un thon ne vient jamais seul, c’est en banc qu’ils se déplacent.

Où trouver des thons ? Facile ! Internet est une vaste étendue d’eau salée sur laquelle voguent des thoniers et les sites de rencontres, de vraies madragues. Des gros, des petits, des rouges ou des blancs, des thons, on en trouve. Si vous êtes amateur, prenez le thonier et lancez votre filet. J’y arrive très aisément, j’ai comme un don pour cette pêche si particulière.

Le meilleur avec une madrague, c’est qu’on n’attrape pas que des thons. En plus de thons aux très nombreuses qualités, le filet rapporte son lot de surprises. Des prises qui avaient perdu leur chemin, qui avaient les idées noires ou d’humeur à sympathiser ce jour-là ; faire le tri demande un sacré tour de main car le danger existe.  Ça ne me décourage pas. Un ami m’a vanté son thonaire, qui a selon lui, de plus grandes capacités ; Je vais m’en procurer un.  Je ne suis allergique qu’au poisson d’eau douce alors pourquoi m’arrêter ?

Par RV.A. - Publié dans : Médias
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Dimanche 24 mai 2009



Le Burundi vient grossir les rangs des pays africains qui pénalisent l’homosexualité. C’est un non-événement penserait-on car l’Afrique est en grande majorité homophobe et relevé une nouvelle fois un tel pléonasme ne tiens que de la redondance. J’ai cependant décidé de revêtir mon tricot à la bannière arc-en ciel, de me faire militant (ça n’arrive pas tous les jours) et d’en parler.


Alors quelles sont les faits ?




Le 22 avril 2009, le président burundais Pierre Nkurunziza a fait promulguer en toute discrétion un nouveau code pénal dont l’article 567 criminalise les pratiques homosexuelles de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 50.000 à 100.000 francs CFA soit 32 à 64 euros. Pour le président burundais ce décret est en accord avec la culture et les coutumes locales.


Petit parallèle avec le Cameroun

Le Cameroun n’a évidemment pas attendu 2009 pour punir l’homosexualité puisque c’est en 1965 (revu en 1967) — oui, il y a des choses pour lesquelles nous avons de l’avance aussi sinistre soit-elle — que le code pénal sanctionne « d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs (CFA) toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe. » (Code Pénal (Loi No. 65-LF-24 du 12 novembre 1965 et Loi No. 67-LF-1 du 12 juin 1967) 20 Art. 347 bis – Homosexualité).

Ce qui est intéressant dans l’article camerounais pour avoir conversé avec quelques juristes, c’est l’expression « rapport sexuel ». En effet, être poursuivi pour délit d’homosexualité par le ministère public au Cameroun nécessite de faire la preuve d’un rapport sexuel homosexuel (avec tout ce que ça comporte :D) car on ne peut être accusé d’homosexualité sur de simples présomptions ; et cela rend l’application de la l’article particulièrement retors. C’est plutôt rassurant !

Au Burundi, en revanche, ça rigole moins. L’expression très élargie « pratiques homosexuelles » retenue dans l’article ne laisse présager rien de bon. Je crains déjà pour les accolades « innocentes » et très viriles des sportifs en célébration de leurs buts. C’est là tout le drame de l’homophobie, cela même si nous savons tous que cette peur en cache une autre et sa plus violente expression ne sert qu’à la dévoiler. JUNG est loin d’avoir tort.

 

Selon un communiqué diffusé par Human Rights Watch, 63 organisations burundaises et internationales ont déjà dénoncé le caractère homophobe du nouveau code pénal burundais. Une pétition émise par ces organisations court pour l’abrogation de l’article 567 qui selon elles porte atteinte aux droits fondamentaux. C’est là tout le paradoxe (ou la stupidité) de l’Afrique en matière de droit qui reconnaît en préambule de la plupart de ses constitutions la primauté de la charte internationale des droits de l’Homme sur elles.

Les mêmes organisations déplorent aussi « que cette loi compromette les efforts du Burundi dans sa lutte contre le sida, en marginalisant encore davantage une population à risque. »

 

Triste rappel :

Au Cameroun, en mai 2005, neuf personnes ont été interpellées par la gendarmerie dans une discothèque de Yaoundé pour délit d’homosexualité et sept d'entre elles ont été condamnées plus tard à 10 mois d'emprisonnement.

En février 2006, deux Camerounais de 23 ans ont été condamnés à un an de prison pour délit d’homosexualité. Un autre de 22 ans est détenu depuis fin 2004, pour le même motif mais est toujours en attente de procès.

 

Personne n’a oublié l’affaire des homosexuels présumés au Cameroun en 2006 quand le journal camerounais La Météo publiait une liste d’homosexuels parmi les personnalités politiques. Il s’en est suivi une série de procès pour diffamation et un prétendu débat dans la société camerounaise.

Pour beaucoup de mes amis cette nauséabonde affaire avait au moins le mérite de lancer le débat sur l’homosexualité au sein de notre société avec à la clé peut-être une légère avancée dans les mœurs. Pour moi, il n’en était rien parce que le lambda ne sait pas de quoi il est question. Le débat était biaisé dès le départ parce que pour le camerounais hétéro de base, le fantasme est à la hauteur de l’opacité qui entoure l’homosexualité. Il en fait un critère d’ascension sociale ou un phénomène empreint de mysticisme. J’ai été brièvement éclairé d’une lueur d’espoir lorsque notre président Paul Biya s’est attaché à rappeler l’importance de respecter les libertés individuelles, ceci quand les détracteurs de son gouvernement exigeaient de lui une réponse. Il n’avait sans doute pour objectif que de protéger ses amitiés. Trois ans plus tard, nous en sommes au même point : une société totalement schizophrène sur le sujet.

Par RV.A. - Publié dans : Politique
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Dimanche 24 mai 2009

Hier, j’ai eu une discussion surprenante avec un admirateur de la première dame camerounaise, Chantal Biya. On croirait à une grosse farce mais non, c’est aussi vrai que les petits hommes verts par delà les étoiles, Chantal Biya a bien des fans. N. est un vrai fan. Il me l’a décrite comme la sainte patronne des jeunes enfants atteints du Sida. Vous décelez une pointe de sarcasme dans ce que je dis, il n’en est rien. Il m’a rappelé son travail au sein de la Fondation Chantal Biya pour des enfants orphelins atteints du Sida au Cameroun, ses nombreuses représentations auprès de l’UNESCO (elle a été désignée ambassadrice de bonne volonté par l’UNESCO en novembre 2008), des Synergies africaines et des Nations Unies et toutes les actions humanitaires auxquelles elle participe. Tout cela m’a amené à m’interroger sur la façon dont notre first lady est perçue à l’étranger.




Au Cameroun, elle est traitée avec dédain et condescendance. Méprisée par les intellectuels et les féministes, elle n’use les salives que pour nourrir de folles rumeurs ou marmotter sur ses nouveaux crimes capillaires. Nous sommes nombreux à avoir vu des photos qu’elle a partagées à Los Angeles avec Paris Hilton, héritière de l’illustre chaîne d’hôtels et qui ont suscité stupeur et déception chez les internautes camerounais. Elle a été encore une fois jugée et condamnée.


     

Pour moi, c’est aussi la preuve de l’estime que nous portons à Chantal Biya, déçus de la voir se compromettre avec une célébrité qui a aussi mauvaise presse. Nous attendions plus que cela de sa part ; qu’elle soit à la hauteur de sa place, qu’elle soit à la hauteur de celle — morte depuis longtemps — qui l’a précédée à cette tâche mais n’a-t-elle pas déjà fait assez ? Je ne connais pas véritablement son parcours, tout le monde y va de sa révélation sans l’avoir jamais côtoyée. A tort ou à raison, ça reste toutefois compréhensible au vu de l’obscure forêt très embuchée qui la sépare elle et les siens de la plèbe. D’un aussi haut minaret, les Camerounais ne peuvent entendre ses appels, aussi pieux puissent-ils l’être.

Je ne cache pas que ma première réaction a été celle de rire à l’idée qu’il  y a des fans de Chantal Biya (désolé, N.). Je reconnais également l’avoir méprisée et avoir douté de la portée de ses actions mais ce n’est pas une confession, les faits sont là. Elle fait du bien aux gens. Suis-je en droit de douter de sa sincérité ? Oui, certainement mais à quoi cela peut-il servir si ce n’est jeter l’opprobre sur une cause qui a besoin de notre soutien à tous : Le Sida.


Un article paru il y a quelques jours sur « Mail online », la couronne première dame africaine la plus glamour et élève son très repérable brushing au plus somptueux des diadèmes. Les commentaires qui accompagnent cet article ne sont pas tendres mais je décèle une once de fierté malgré le côté très anecdotique qu’il revêt.


Pour N., Chantal Biya a toutes les qualités d’une icône gay : « du glamour, de la flamboyance, un part d’androgynie et de la force face à l’adversité », je reprends ses mots. C’est une des raisons pour laquelle je rédige cet article, je le lui ai promis. L’envie que j’ai eue est celle d’être juste à l’égard de Chantal Biya. Je pense comme lui qu’il est facile de la démolir, j’ai été tenté de le faire à chacune des lignes que j’ai écrite. Il paraît qu'on n'est jamais prophète chez soi.
Je sais que ce que je dis dans cet article ne fera pas l’unanimité mais pour y prétendre, il suffit simplement de la voir à travers les yeux des enfants à qui elle rend visite, d’imaginer ce qu’ils ressentent en la voyant à leur chevet alors, tout devient plus facile.

 

 Quelques liens :

http://www.dailymotion.com/video/x26d5a_chantal-biya-sur-le-sida_politics

http://www.dailymail.co.uk/news/worldnews/article-1172240/Here-come-girls--Africas-glamorous-First-Lady-shows-Sarah-Brown-great-heights-hairstyling.html


MP: N. si tu as un commentaire à faire sur cet article, n’hésite pas. Tu parleras certainement mieux que moi de Chantal Biya.

Par RV.A.
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Lundi 13 avril 2009


Un reportage à Afrique Midi l’émission radio de Radio France Internationale (RFI) parlait des conditions de vie des femmes homosexuelles en Afrique du Sud. Le sujet décrivait la situation d’insécurité dans laquelle se trouvaient ces femmes, victimes de discrimination et de violences. En effet, beaucoup de ces femmes sont victimes de viol par des hommes désireux de corriger leur orientation sexuelle. L’élan de générosité dont font preuve ces messieurs est parait-il saluer par le plus grand nombre. Les politiques et l’actuel président de l’ANC n’a pas l’intention d’arranger la situation. Ils ferment les yeux. Rappelons que l’Afrique du Sud est le plus avancé du continent sur le plan juridique en matière d’homosexualité. Il reste que dans les faits, les préjugés ont le cuir dur et que les mentalités ne sont pas prêtes de changer. L’Afrique et ses inepties ! C’est assez triste de se dire que nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Les croyances plus stupides les unes des autres continuent à faire leur chemin. Elles portent sur les albinos, les jumeaux, les homosexuels, les femmes et j’en passe.

Les femmes homosexuelles sont encore plus victimes que les hommes de ces préjugés et on a tendance à les oublier. Combien de mes amis admettent avoir dans leurs relations une fille homosexuelle ? Aucun. Moi- même, je n’en connais pas personnellement. Elles se cachent peut-être, je ne sais pas ; elles restent au moins à l’abri de désagréments que l’on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi.  

Par RV.A. - Publié dans : Société
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